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Politique

Les députés engagent l'examen du projet Grand Paris
Reuters mar. 24 nov 2009 22:39 CET

Les députés français ont engagé l'examen du projet de loi sur le Grand Paris présenté par Christian Blanc, secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale.

Ce texte, voulu par Nicolas Sarkozy et composé d'une trentaine d'articles sur lesquels ont été déposés plus de 200 amendements, crée une Société du grand Paris qui sera le maître d'ouvrage de ce projet estimé à 35 milliards d'euros.

Le texte prévoit notamment la construction d'un métro autour de Paris, un "métro automatique de grande capacité en rocade" qui reliera le centre de l'agglomération parisienne, les principaux pôles d'activité, le réseau ferroviaire à grande vitesse et les aéroports internationaux.

Le coût de ce métro est estimé à 20,5 milliards d'euros.

Le projet prévoit également la création d'un pôle scientifique et technologique sur le plateau de Saclay, l'Etablissement public de l'Etat à caractère industriel et commercial (EPIC) dénommé "Etablissement public de Saclay-Paris".

"Ce projet repose sur trois piliers fondamentaux: le développement des territoires économiques et urbains, la question des transports et de leur interconnexion et enfin les sciences de l'innovation", a dit Christian Blanc.

"Nous avons aujourd'hui entre les mains les moyens de réaliser une ville-monde compétitive et attractive qui soit un phare de croissance, d'innovation et de création artistique et intellectuelle au XXIe siècle", a-t-il poursuivi.

Christian Blanc a conclu en invitant les députés "à saisir l'élan créé par ce projet historique" pour y "apposer tous ensemble notre signature à son acte de naissance".

NOMBREUX AMENDEMENTS

La gauche critique ce texte.

"Son but est de replacer l'Etat au coeur d'un certain nombre de stratégies territoriales", estime le député PS Jean-Yves Le Bouillonnec. "Ce qui explique un retour en arrière par rapport à la décentralisation", a poursuivi l'élu du Val-de-Marne.

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, tous deux PS, qui ne sont pas députés, sont hostiles à ce projet qui, affirment-ils "n'apporte aucune solution aux problèmes cruciaux d'inégalité territoriale et de logement".

"Votre projet d'aménagement repose sur une vision ultralibérale du développement", a affirmé Pierre Gosnat (PC). "Votre vision est embuée par l'idéologie capitaliste qui vous meut. C'est le capital, l'argent-roi qui tracent les contours de votre projet", a-t-il affirmé.

La commission du développement durable de l'Assemblée a adopté de nombreux amendements comme celui de sept députés UMP de Paris qui demande que le futur réseau de transport "améliore les réseaux existants".

L'examen du projet de loi par les députés devrait s'achever jeudi soir ou vendredi. Ils se prononceront le mardi 1er décembre par un vote solennel sur l'ensemble du texte que le Sénat examinera à son tour en janvier. Deux mois avant les élections régionales des 14 et 21 mars.

Le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer (UMP), puis Jean-François Copé, le président du groupe UMP, ont fait savoir mardi qu'ils avaient demandé au Premier ministre, François Fillon , de renoncer à la procédure d'urgence, une procédure qui réduit le nombre de navettes entre l'Assemblée et le Sénat, afin de laisser le débat se poursuivre.

Emile Picy, édité par Nicole Dupont

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