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Le consommateur français fait de la résistance
Reuters mar. 24 nov 2009 11:19 CET

La consommation des ménages français a augmenté plus que prévu en octobre, laissant espérer une bonne performance au quatrième trimestre alors que l'amélioration du climat des affaires dans l'industrie marque le pas.

Les dépenses en produits manufacturés ont augmenté de 1,1% le mois dernier après avoir déjà rebondi de 2,4% (2,3% en première estimation) en septembre, selon des données CVS/CJO publiées par l'Insee.

Vingt économistes interrogés par Reuters s'attendaient en moyenne à une progression de 0,4%, l'estimation la plus haute étant de 1,0%.

"Ce nouveau mois de forte hausse conforte bien l'idée que la déception de la croissance au troisième trimestre sera largement effacée au quatrième", commente Olivier Gasnier, économiste à la Société générale.

Selon les comptes nationaux publiés le 13 novembre, le produit intérieur brut de la France a augmenté de 0,3% au troisième trimestre, moitié moins que prévu, avec une petite hausse de 0,2% de la consommation des ménages qui faisait suite à une progression de 0,7% au trimestre précédent.

Les dépenses en produits manufacturés représentent environ le quart de la consommation totale des ménages en biens et en services.

En octobre, elles ont été soutenues pour l'essentiel par les équipements pour le logement, en hausse de 2,2% après +0,7% en septembre, et par les achats de textile-cuir qui ont encore progressé de 2,6% (après +2,9% en septembre), aidés par la nouvelle réglementation sur les soldes.

Les achats de voitures ont pour leur part progressé encore de 0,6% après un bond de 10,2% en septembre.

Au total, les dépenses en biens durables ont augmenté de 1,3% en octobre après une hausse de 5,2% le mois précédent, due presqu'entièrement à l'automobile.

ATTENTION À 2010

"Les ventes au détail et la consommation des ménages avaient marqué une pause au troisième trimestre. Cette période semble révolue et les ventes du quatrième trimestre s'annoncent beaucoup plus robustes", estime Dominique Barbet chez BNP Paribas.

"Un certain nombre de ménages avaient réduit leur budget de vacances, ce qui a pesé sur l'activité au troisième trimestre et spécialement dans les services. Mais on ne pense pas que cela se reproduira avec les achats de Noël et on attend un rebond de la croissance du PIB".

Olivier Gasnier, chez Société générale, partage le même optimisme tout en rappelant que les ventes de voitures baisseront mécaniquement l'an prochain avec la diminution de la prime à la casse à partir du 1er janvier.

"Il y a vraiment une résistance de la consommation des ménages qui est évidente. Bien sûr il y a avec l'automobile un effet temporaire qui sera corrigé en 2010 mais d'un point de vue plus fondamental la formidable remontée du taux d'épargne - qui a augmenté de deux points en un an à près de 17% - offre un coussin de sécurité pour la croissance", estime-t-il.

Nicolas Bouzou, chez Asterès, tire toutefois la sonnette d'alarme pour 2010. "Un chômage élevé, une inflation stabilisée, une politique publique moins accommodante - rien ne dit que la consommation ne souffrira pas l'année prochaine", avertit-il.

L'enquête de conjoncture de l'Insee dans l'industrie, publiée au même moment, a montré une stabilisation du climat des affaires au mois de novembre avec une baisse des carnets de commandes tant à l'exportation que sur le marché intérieur.

"La baisse des carnets de commandes est particulièrement nette dans le secteur des biens de consommation et les industriels de cette branche anticipent un reflux prononcé de l'activité au cours des prochains mois", relève Nicolas Bouzou.

Véronique Tison, édité par Yves Clarisse

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